Comment bien écrire pour le web ? 

café au bord de l'océan

Bien manger, c’est le début du bonheur. Bien écrire est le fruit d’un dur labeur. On ne croirait pas comme ça, mais rédiger des articles, des fiches produits, des pages Web demande du travail. On ne se lève pas un beau matin en se posant devant son écran et en pianotant au hasard des mots à tout va. C’est bien plus complexe que cela. Cela demande de la passion, certes, mais de la discipline et un peu beaucoup d’huile de coude. Après plus de 10 ans sur le web en tant que rédactrice, je peux, en toute modestie bien sûr, dire que ma plume s’est affûtée avec le temps. Je l’ai travaillée, malmenée, bridée aussi parfois, mais aujourd’hui je peux dire que le résultat me plaît. Quand l’écriture demande de se faire un chouia violence, voici quelques conseils personnels pour améliorer sa façon d’écrire. 

Les conseils d’une professeure de français 

Au collège, j’avais une prof qui nous avait initiés à l’écriture. Chevronnée, elle savait extraire de chacun de nous des mots, des phrases, parfois même des poèmes. Elle ne baissait jamais les bras. Sa méthode ? Dix minutes d’écriture à chaque début de séance de français.  Dix minutes : ni plus, ni moins. Même les plus réticents se mettaient à écrire. Quand quelqu’un bloquait, elle répondait calmement : “Écrivez, ne serait-ce qu’un mot, une phrase. Écrivez ce qui vous passe par la tête, peu importe où cela vous mènera. Même si cela n’a aucun sens.” À la fin de l’année, elle avait réussi à tisser avec nos écrits un merveilleux récit. Ce qui au départ était décousu donna naissance à une mosaïque étonnante, riche et audacieuse. Laquelle fut créée à partir des fragments de mots, d’idées que nous avions rédigés chacun séparément. Cette écriture au début de chaque séance de cours de français était devenue un rituel, une habitude, une routine qui nous avait disciplinés malgré nous. On s’était surpris à attendre, voire à réclamer notre feuille, impatients de pouvoir y coucher nos mots. 

Lire pour enrichir son vocabulaire 

 Écrire sans lire, c’est comme préparer un plat sans jamais le goûter : on suit la recette, mais les mots restent fades, privés de leur parfum et de leur couleur.  Ma prof ne nous faisait pas seulement écrire, elle nous poussait aussi à lire. Elle répétait sans cesse : la meilleure façon d’enrichir son vocabulaire est de lire. Romans, nouvelles, BD… tout était permis, tant que la lecture restait éclectique.

Elle nous encourageait également à utiliser un dictionnaire des synonymes pour varier nos mots. Je me souviens d’un jour où, préparant un concours d’écriture, je suis allée la voir pour lui demander conseil. Je voulais savoir comment donner plus de valeur à mes textes, comment les rendre plus riches, plus soutenus.

Sa réponse était simple : partir d’un mot ou d’un verbe, chercher son synonyme le plus soutenu, et l’utiliser dans une phrase, un paragraphe, une idée.

À l’époque, j’aimais beaucoup écrire des textes descriptifs. Avec ce conseil, je me suis régalée : je décrivais personnages, sentiments, paysages, lieux… Chaque mot choisi devenait un outil pour donner vie à mes textes.

Aujourd’hui, je lui dois beaucoup. Elle m’a mise à l’étrier des mots et de la littérature française. C’est grâce à elle que j’ai appris que l’écriture ne se résume pas à coucher des phrases sur le papier : c’est aussi un travail sur le vocabulaire, la précision et la richesse des mots.

Quelques conseils pour améliorer son écriture

Ces leçons, apprises tôt, se sont ancrées dans ma routine adulte et m’accompagnent encore aujourd’hui. J’ai compris une chose : plus on rédige, plus la plume s’affine. Plus on lit, plus le texte s’émaille. L’équation est simple. Pour autant, beaucoup pensent encore que l’on peut dissocier l’écriture de la lecture. Depuis la lecture du bouquin Mémoires d’un écrivain de Stephen King, j’ai repris une routine d’écriture. Ce n’est pas facile, cela demande des efforts, de prendre sur soi, de serrer les dents parfois. Mais comme le dit l’adage : “On n’a rien sans rien.” Il n’y a pas de véritable secret en réalité, pour bien écrire, il faut écrire tout simplement. Tous les jours sans exception. À la même heure, au même endroit, idéalement. Le mieux est d’aménager un coin  chez soi, rien que pour soi, pour s’y sentir bien, à l’aise dans son élément. 

J’ai commencé à rédiger des billets de blog sur la beauté naturelle. Au départ, la thématique me demandait beaucoup de recherches, de veille comme on dit. Je lisais, avalais énormément de contenus pour ne pas dire de bêtises. Parce que oui, même si avec internet de nombreux sujets ont été vulgarisés, il ne faut tout de même pas sortir des inepties. En plus des sites internet que j’écumais, j’ai acheté pas mal de livres sur le sujet que j’ai lus aussi. Ceci, sans compter sur les conseils que j’avais de femmes qui utilisaient des plantes ou des huiles végétales cosmétiques pour prendre soin de leur peau et de leurs cheveux. Lire, échanger, observer sont des moyens puissants d’augmenter ses connaissances et de rédiger facilement. Naturellement, et c’est ce que les moteurs de recherche veulent finalement. De la rédaction web SEO : des contenus simples, faciles à lire, riches en contenu de qualité pour des lecteurs curieux et exigeants. Plus je rédigeais sur le domaine de la beauté, plus je me spécialisais, moins je passais de temps à organiser mes articles. Les mots venaient simplement, de façon naturelle, parce que j’avais fait de cette thématique une de mes spécialités. Quand l’appétence est au service de la rédaction, tout devient si limpide, fluide. 

Savoir sortir de sa zone de confort 

Chacun sa spécialité. Je le concède. Or, parmi les moyens de travailler son écriture, il y a celui de sortir de sa zone de confort. Tu aimes écrire sur la déco, entraîne-toi à écrire des textes sur d’autres thématiques en totale opposition à la tienne. Essaie ! Rédige des fiches produits sur des meubles, des vêtements, des produits de beauté, des aliments même. S’intéresser à d’autres thématiques, à d’autres sujets, aide à diversifier sa plume. Et quand on est rédacteur web, il est important, sinon essentiel, de savoir rédiger sur tout. Sortir de sa zone de confort est excellent pour évoluer, quand bien même cela demande des efforts. 

Instaurer une routine d’écriture 

J’y reviens, à cette fameuse routine. Je sais, je radote, mais c’est le meilleur moyen d’évoluer dans l’écriture, dans la rédaction web également. Tu peux tenir un journal intime, ouvrir un Google Doc sur Drive, un cahier aussi tout simplement. Chaque jour, prends le temps d’écrire tout ce qui te passe par la tête. Cela peut être en rapport avec ta profession, avec tes émotions, mais aussi des phrases et des idées qui te viennent spontanément. Amélie Nothomb, célèbre auteure de renommée mondiale (on aime ou on n’aime pas, là n’est pas le sujet), adopte une routine d’écriture au quotidien. Réveil tous les jours à la même heure pour écrire. Si les plus grands l’ont instaurée, que dire de nous, petits rédacteurs que nous sommes ? En réalité, tout est propice à l’écriture : un paysage, une émotion, un parfum, une image. Un silence. C’est parfois des situations les plus simples que naissent les textes les plus profonds. D’ailleurs, laisser traîner un carnet et un stylo dans son sac est le meilleur moyen de capter les émotions à tout moment. Penses-y ! 

La perfection : ennemie de l’imagination 

Avant, je ne pouvais m’empêcher d’analyser chaque phrase que je couchais sur papier. Je raturais, recommençais. Sur l’écran, ce n’était pas mieux. J’étais une grande adepte de la touche Suppr. Et puis, j’ai compris au fil du temps que la perfection était la plus grande ennemie de l’imagination. Je me retrouvais coupée en plein texte parce que je trouvais que tel ou tel mot n’allait pas, que tel vers ne rimait pas correctement avec le suivant, qu’il manquait des détails à une description.

L’appétit vient en mangeant

C’est valable aussi pour l’écriture. Aujourd’hui, j’ai changé, j’ai gagné en maturité. Je peux même dire que je suis plus performante en laissant mes doigts pianoter sur mon clavier ou mon stylo glisser sur le papier.

Cette liberté, cette fluidité sont un terreau fertile aux textes fructueux. Un peu comme un jardinier aguerri, à la main verte, je viens retirer les mauvaises herbes après. J’observe et enlève peu à peu ce qui étouffe le texte. Bien sûr que ce n’est peut-être pas tout à fait parfait pour certains, mais avec toute la modestie du monde, je n’ai eu jusqu’ici que de bons retours de la part de mes clients. On retient donc : on rédige et on corrige seulement après. Jamais en même temps. 

En tant que passionnée, j’aime convoquer mes émotions à chacun de mes textes.  Cela vaut également dans la rédaction web.  Je me demande toujours : qu’est-ce que je ressens en écrivant cela ? Qu’est-ce que le lecteur pourrait ressentir ? Poser cette question change tout. Tu l’auras compris, bien écrire, c’est savoir combiner observation, discipline, curiosité et patience. Lire pour nourrir sa plume, noter pour ne rien perdre, écrire pour exister et relire pour sublimer.

Et toi, quelles sont tes astuces pour bien écrire ? Où trouves-tu l’inspiration et comment la fixes-tu sur la page ? Je te lis avec plaisir, qahwa à la main, comme toujours…

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